Pourquoi je n’arrive pas à…?
Mardi dernier j’ai cuisiné Charlotte… 🍳
À l’occasion du live hebdomadaire sur notre plateforme, je lui ai posé des questions sans queue ni tête, un tantinet déstabilisantes.
J’espérerais ainsi la faire parler d’elle, de son approche du dessin et de la peinture, de son point de vue sur leur enseignement.
Mais il fallait éviter les sempiternelles questions qui provoquent les mêmes réponses convenues.
En fait, je voulais qu’elle s’interroge à voix haute au lieu de répondre à demi-mot…
Comme elle a accepté de se laisser surprendre, Charlotte nous a offert un moment de vérité précieux sur tout ce qui fait le parcours d’une artiste et les pensées qui orientent sa trajectoire 🙏
Et c’est là que j’ai réalisé :
la nature des questions qu’on se pose peut aider à ouvrir des portes… ou les fermer brutalement.
Ces questions qui nous enferment 🗝
Je suis certain que vous les connaissez, ces interrogations qui tournent en boucle dans la tête d’un dessinateur.
Elles sont comme un rouet qui tisse une toile épaisse qui voile l’horizon.
- “Pourquoi je n’arrive pas à faire ceci ?” (Sous-entendu : c’est trop dur)
- “Comment être sûr de ne pas me tromper ?” (Sous-entendu : il y a une seule réponse)
- “Pourquoi mon dessin est-il toujours raté ?” (Sous-entendu : je suis nul)
Bien entendu, les réponses apportées n’effacent que rarement les doutes.
Car problème et solution sont ficelés ensemble.
Et si vous questionniez la question ?
Du coup, là où l’on croit poser une question on ne fait que planter le problème sur lequel on bute… et ça peut durer.
Parfois c’est comme s’il prenait de l’épaisseur, juste en le désignant.
Alors on se met à y croire tellement fort qu’on peine à s’en séparer.
On apprend à vivre avec, inconfortablement… ou pas.
Car Il arrive même qu’on s’y accroche fermement, de sorte que cette fichue question prend la forme d’une excuse qui empêche d’avancer:
“J’arrête là, je ne bougerai plus tant que je n’aurai pas ma réponse ! “ 😖
⚠️ Attention: prendre une question telle qu’elle se présente c’est lui donner autorité.
Aussi je vous conseille de vous exercer à la travailler, à la manière d’une pâte: pétrissez-là et faites cuire à feu doux.
Parce que, ce qui est utile, c‘est moins de solliciter la réponse attendue que de se poser une meilleure question.
Vous pouvez en trouver une qui décentre le problème en ouvrant une fenêtre sur un point de vue plus vaste 🌈
Les solutions ne sont jamais collées au problème, il faut les chercher au lointain.
Si vous voulez vous y exercer, je vous propose une petite méthode facile
FLEX | rendez vos questions élastiques 🤸♀️
4️⃣ étapes simples pour assouplir une question quand vous sentez qu’elle devient paralysante.
Un petit exercice de stretching qui ouvre un champ de possibilités dynamisant:
🔹 F – Formuler la question bloquante (sans filtre, comme elle vous vient)
🔹 L – Localiser le problème (Qu’est-ce qui me gêne vraiment ? Est-ce une peur, un doute, un manque de repères ?)
🔹 E – Élargir le champ (Placer le problème dans un contexte plus vaste)
🔹 X – Expérimenter une nouvelle approche (Trouver une question qui vous incite à tester une autre voie)
👉 Passons aux travaux pratiques avec un exemple tout simple:
Imaginez que vous n’arrivez pas à dessiner des mains (si ça vous ressemble, ne paniquez pas, c’est très courant 😉)
1️⃣ Formuler : “Comment dessiner les mains ?”
2️⃣ Localiser : “Les mains que je dessine semblent rigides et mal fichues (c’est un exemple 😉.)”
3️⃣ Élargir : “Quel est le rôle des mains dans l’attitude générale d’un personnage ?” “ Qu’est-ce que je voudrais leur faire dire?” « Est-ce que c’est un élément central de mon sujet? »
4️⃣ Expérimenter : “Et si je dessinais des gestes au lieu de dessiner des mains qu’est-ce que ça donnerait? »
Avec ce petit système Flex, vous ne butez pas contre un mur 🧱
- Vous analysez tranquillement ce qui vous gêne
- Vous vous recentrez sur votre intérêt propre (pas sur une règle supposée)
- Vous découvrez un angle nouveau pour compléter votre expérience de la question.
Vous reprenez le contrôle des opérations en mettant votre créativité en ébullition et les solutions que vous trouvez vous appartiennent pour de bon !
C’est tout bête mais je me suis aperçu que c’est une méthode que j’applique moi-même.
Car en dessin il n’y a pas de solution toute faite.
Il ne s’agit pas de savoir, il faut pratiquer pour se poser les bonnes questions, celles qui engagent l’action et poussent à se risquer 🧨
Il faut se provoquer et beaucoup se surprendre.
En somme, on ne répond jamais aussi bien qu’à des questions inattendues, comme Charlotte.
C’est le seul moyen d’apprendre et de rencontrer l’artiste qui sommeille en vous.
Alors je vous conseille ces petites séances de stretching.
C’est parfois inconfortable, mais vous verrez que c’est bien plus passionnant !
👋 C’est tout pour aujourd’hui.
J’aimerais beaucoup voir comment vous transformez vos questions avec ce petit système FLEX !
Envoyez-moi vos réflexions, je prendrai plaisir à les lire et à en discuter avec vous.
[email protected]
On se retrouve dans deux semaines pour la prochaine Bobine.
Et d’ici là… posez-vous de meilleures questions !
PS: sur notre plateforme, nous encourageons chacun à poser des questions parce qu’elle sont utiles dès leur formulation.
Leur utilité vaut parfois le bénéfice de 10 corrections qui tombent du ciel et dont on ne sait pas toujours quoi faire.
Si vous souhaitez ajouter une dimension réflexive à votre pratique, vous êtes toujours bienvenu à l’atelier !